Dès que l’automne arrive, les pastilles de zinc envahissent les rayons des pharmacies. L’argument de vente : réduire la durée et l’intensité des rhumes. Mais qu’en dit vraiment la recherche ?
Ce que les études montrent — et ce qu’elles ne montrent pas
La Cochrane Collaboration, qui analyse les meilleures preuves scientifiques disponibles, a publié une méta-analyse sur le zinc et les rhumes. Résultat : le zinc (sous forme de acétate ou gluconate, en pastilles à sucer) réduit la durée d’un rhume d’environ 1 à 2 jours si pris dans les 24 heures suivant l’apparition des symptômes.
Ce n’est pas rien. Mais ce n’est pas non plus la panacée que les publicités laissent entendre. Et la prévention — c’est-à-dire prendre du zinc tout l’hiver pour ne pas tomber malade — est une autre histoire.
Pourquoi le zinc peut agir sur le virus du rhume
Les rhinovirus (responsables de la majorité des rhumes) ont besoin de protéines de surface pour pénétrer dans les cellules nasales. Les ions zinc semblent interférer avec cette fixation, réduisant la réplication virale. C’est pourquoi la forme locale (pastilles à sucer) est plus efficace que la forme orale avalée : les ions doivent rester en contact avec la muqueuse nasopharynxée.
Toutes les formes ne se valent pas
Efficacité des formes de zinc contre le rhume
-
Zinc acétate (pastilles)
★★★★★ Très efficace -
Zinc gluconate (pastilles)
★★★★ Efficace -
Zinc sulfate (compréimés avalés)
★★ Peu efficace pour le rhume -
Spray nasal au zinc
❌ À éviter (anosmie possible)
Les effets indésirables à connaître
Le zinc en pastilles a un goût métallique prononcé. Des nausées et maux de ventre surviennent fréquemment si les pastilles sont prises à jeun. Mais l’effet indésirable le plus sérieux, et souvent ignoré, est l’anosmie (perte de l’odorat) associée aux sprays nasaux à base de zinc gluconate. Ces produits ont d’ailleurs été retirés du marché américain par la FDA en 2009.
Une prise prolongée (>3 semaines, >40 mg/jour) peut causer une carence en cuivre.
Et comme complément alimentaire au quotidien ?
Le zinc intervient dans plus de 300 réactions enzymatiques. Un apport suffisant est important pour l’immunité, la cicatrisation et la fertilité masculine. Les apports journaliers recommandés sont de 11 mg pour un homme adulte, 8 mg pour une femme. Les meilleures sources alimentaires : huîtres, viande rouge, graines de courge, noix de cajou.
Une supplémentation préventive de 15 à 25 mg/jour pendant l’hiver peut être intéressante pour les personnes en déficit (végétariens, personnes âgées, sportifs intenses). Pour aller plus loin, l’article sur les vitamines pour les os et articulations explore d’autres micronutriments souvent sous-estimés.
